

Il y a 49 ans naissait le tourisme équestre. Cette naissance marquait à l’époque une volonté de prendre ses distances à l’égard d’une fédération peu soucieuse des aspirations d’un courant porté vers une équitation proche de la nature.
Ces pionniers, à qui nous, cavaliers randonneurs, nous devons « tout », entendaient faire à nouveau du cheval un compagnon de voyage et d’aventure. Ce pari un peu fou a été tenu, mais pour combien de temps encore ?
Le tourisme équestre porte profondément ancrées en lui des valeurs qui n’ont pas changé. Elles tiennent à l’essence même d’une pratique reposant sur l’autonomie et la responsabilité. Ces vertus, toujours empreintes de convivialité, de solidarité et de fraternité, requièrent des connaissances particulières, aussi bien à l’égard du cheval que de l’environnement qui nous entoure. C’est ce charme, sa différence discrète mais bien réelle, qui explique l’engouement qu’il suscite.
Même si les querelles d’autrefois semblent apaisées et que nous travaillons côte à côte, chacun doit rester à sa place et être vigilant pour la survie de notre équitation de pleine nature en toute liberté.
Quand le Tourisme Equestre s’attache à préserver les chemins, à promouvoir ses activités et les valeurs qui y sont liées, à former ses pratiquants et ses cadres, il le fait certes pour une population, objet de toutes ses attentions, qui est sa raison d’être, mais aussi pour tout le monde équestre.
Nous ne sommes plus dans le chacun pour soi, mais dans une vision ouverte et altruiste qui rejoint pleinement l’esprit de Polignac*.
Sûr de sa bonne étoile, le Tourisme Equestre, qui fêtera l’an prochain de robustes cinquante ans, ne cherche pas sa voie, il l’a trouvée.
Bien à vous,
Roger BACOU.
*Melchior de Polignac, cardinal français, diplomate et écrivain. Il est l’auteur de « l’Anti-lucréce », poème latin cherchant à réfuter le matérialisme, Académie Française.